Bijapur

Bijapur, Karnataka
2001

Bijapur est une ville de 200 000 habitants, située dans l’état du Karnataka dans le Sud Ouest du pays. Cette ville vit au jour le jour pour nourrir sa population, et connut en 2001 une forte sécheresse suivie d’une famine. Par ailleurs, l’école publique de Bijapur se révèle incapable de donner une éducation convenable aux enfants de ces bidonvilles. Les bons professeurs préfèrent aller travailler ailleurs pour être mieux payé et moins isolé. Enfin, les familles les plus aisées de la ville inscrivent systématiquement leurs enfants dans des cours privés. Ainsi, les écarts se creusent.
L’école que nous avons construite est une école privée dirigée par les sœurs ursulines franciscaines, et destinée à accueillir au moins 60% d’intouchables issus des bidonvilles de la ville. Pour le moment, les sœurs assurent les cours. Si l’école fait ses preuves d’ici trois ans, l’État paiera le salaire des professeurs, ce qui lui permettra de rester gratuite. L’école s’appuie notamment sur le réseau formé par la trentaine de pré-novices qui parcourent les bidonvilles tous les matins pour y soutenir les plus pauvres, et les convaincre de scolariser leurs enfants. L’objectif de notre école n’est pas de se substituer aux établissements publics : l’importance de la population scolaire rend utopique tout projet en ce sens. Il s’agit en revanche de stimuler l’école publique, en montrant qu’on peut proposer une éducation de qualité sans imposer de frais de scolarité élevés.
Ainsi, nous avons passé un mois chez les sœurs franciscaines ursulines responsables de l’école en construction. Lorsque nous sommes arrivés début août, il restait trois pièces à construire pour terminer le rez-de-chaussée de l’école : une grande salle en partie montée par un autre groupe d’étudiant français en juillet (il restait donc l’enduit et le carrelage), et deux autres petites à construire complètement. Il se peut que l’école soit agrandie par la suite pour accueillir plus d’élèves, nous avons donc prévu un escalier pour d’éventuels étages. Le chantier était supervisé par un ingénieur architecte et une sœur. Par ailleurs, une dizaine d’ouvriers indiens travaillaient avec nous chaque jour. Notre tâche était de les aider dans les différentes étapes de la construction.